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On l'écrit Qi-Gong, on le prononce « Tchi-Gong ». Ça veut dire « travail de l'énergie » et tous les jeudis soirs, un groupe d'une vingtaine de personnes de l'association Tao se réunit dans la salle de l'Union, à Haguenau, pour s'exercer à cet art chinois. C'est Jean-Marc Wendling qui dirige les séances. Cet ostéopathe qui ne fait pas ses 50 ans enseigne la Qi-Gong depuis une petite vingtaine d'années.
« On court tout le temps dans la vie »
Jean-Marc Wendling (au premier plan) enseigne le Qi-Gong depuis une vingtaine d'années. (Photo DNA)
Le cours commence une fois le silence fait. Ou presque fait. On entend du rap s'échapper d'une pièce voisine. Mais le groupe ne se déconcentre pas. Il suit les gestes de l'animateur. Les mouvements sont lents, très lents. Les dos se courbent, les bras se tendent, les jambes fléchissent. Jean-Marc Wendling se contente de quelques paroles : « Poussez vers le ciel », « On inspire », « On relâche », « On fait le dos rond »... Une figure s'appelle « la tortue verticale ». Les retardataires marchent à pas de loup pour se placer. Mais on entend grincer le parquet.
Tous ces gens qui sont en face de l'animateur - hommes et femmes d'à peu près tous les âges - sont déjà des pratiquants confirmés, avec quelques années d'expérience. Ils travaillent parfois avec un éventail, voire à l'épée. Ils font aussi du Taï-Chi-Quan. Le Qi-Gong pour eux, c'est presque une sorte d'échauffement. Le premier est un « prolongement » du second, explique Jean-Marc Wendling...
« Ça apaise, explique Chantal. On se sent calme. » Difficile, pour les pratiquants de Qi-Gong, de dire concrètement ce qu'apporte cette pratique. Mais ils sont de plus en plus nombreux à s'y mettre. « On est une soixantaine dans l'association », témoigne Christelle Metzger, vice-présidente de Tao, qui parle de « bien-être en général ». « Le bouche-à-oreille marche bien, poursuit cette jeune femme de 27 ans. Et les gens voient qu'on change ! ». Avec le Qi-Gong, « on évacue le stress », assurent les adeptes. « On court tout le temps dans la vie, explique Nathalie. Avec le Taï-Chi-Quan, on est plus détendu ». « Ça ne se voit pas, ça se sent », conclut Chantal.
« Il y a vingt ans, on nous prenait pour des extra-terrestres»
Jean-Marc Wendling, lui, parle de « sourire intérieur », d'« axe ciel-terre », de « sensation corporelle » et de respiration. Il croit dur comme fer dans les vertus du Qi-Gong. « C'est un art de vivre plus qu'une technique, explique-t-il. Pour retrouver ce qui est naturel en nous. »
Sympathique, ouvert, l'homme n'a rien d'un illuminé. Encore moins d'un gourou. « Je n'ai aucun pouvoir sur les élèves, lance-t-il. S'ils sont mieux après une séance, c'est grâce à la pratique, pas grâce à moi. » Aujourd'hui, il se réjouit du développement du Qi-Gong. « Il y a vingt ans, on nous prenait pour des extra-terrestres, dit-il. Aujourd'hui, c'est une pratique émergente. On se rend compte que le Qi-Gong fait partie du patrimoine de l'humanité. »