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L'église protestante de Haguenau était bien trop petite pour accueillir les nombreux amateurs de chant choral venus de tout le Nord du Bas-Rhin pour ce concert d'exception. Après l'introduction au concert par Freddy Schmitt qui se risqua à quelques mots en russe, c'est aux hôtes alsaciens, sous la direction de Robert Fischer, que revint l'honneur d'ouvrir ce concert avec Das ist de Tag des Herrn et l'Angélus avant l'entrée en scène des dix-huit Cosaques du Don.

Des artistes au talent Impressionnant. (Photo DNA)
Un véritable raz-de-marée de puissance tout en passion et en ferveur
Sous la fine mais discrète houlette de Wanja Hlibka qui, dans la droite lignée de Serge Jaroff le créateur de ce choeur d'homme mondialement connu, a littéralement embrasé l'auditoire tant par la beauté des chants eux-mêmes que par ces superbes voix. Si la première partie était plus axée sur les chants liturgiques dont entre autres « Erster Psalm David », « Herr erbarme dich unser », « Litanei und Vater unser » où la puissance vocal de ce choeur a pu donner toute sa mesure avec de superbe soli de basses ou ténors tels Soltys, Hromysh, Bryginest, Shavayrovskyy aussi impressionnants les uns que les autres forçant l'admiration d'un public comblé.
C'était toute l'âme russe qui, au fil de ces chants se libérait dans cette église, et s'élevait dans une longue complainte, tantôt supplique tantôt révolte, passant d'une tendresse tout juste murmurée et un rien mélancolique à un déferlement de fougue impétueuse, un véritable raz-de-marée de puissance tout en passion et en ferveur.
Tour à tour chaque soliste, basse abyssale ou ténor à la sublime voix cristalline, est capable à lui seul de remplir la nef de sa voix harmonieuse et puissante. En seconde partie, après « Souviens-toi Marie » et un beau solo de Claude, de l'Ensemble vocal, les Cosaques du Don ont comblé le public avec une belle palette d'airs russes « Moskauer Nächte », « Abendglocken », « Eintönig klingt hell das Glöckchen », « Grünes Grass », « Die Legende der zwölf Räuber » et un époustouflant Kalinka ou encore Stenka Razin. Chaque chant était salué de très longues ovations par un public où plus d'un « avait eu la chair de poule en les écoutant » et d'aucuns écrasaient une petite larme au coin de l'oeil.
En final, Cosaques du Don et Ensemble vocal, sous la direction de Robert Fischer, interprétèrent en commun « Ich bete an der Macht der Liebe ».